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Association Lycée Victor Duruy

  


  

La vie au collège  de 1838 à 1904 : témoignages


Sources :

« Le collège de Bagnères de Bigorre dans la 1° moitié du XIX° siècle » par Pierre Debofle

« Discours du Docteur Charles Lacoste pour la célébration du Cinquantenaire du Collège Victor-Duruy »


1/ En 1838,  le collège doté d'un internat depuis 1835, « apparaît comme un monde fermé, où le temps s'écoulait dans les activités scolaires coupées par la période de vacances. » Seule la salle d'étude où l'élève passait beaucoup de temps avait un poêle et deux quinquets. M.Prost indique « les relents de nourriture, boue de dehors, crasse des collégiens, odeur de fumier »

« les classes sont au rez-de-chaussée, la terre est simplement battue et n'est couverte de planches que sur la ligne où se posent les pieds, quand les élèves sont assis » ; à partir de la 6°, les élèves travaillent sur leurs genoux. »

« Tôt levé, tôt couché, condamné à se taire, le collégien du XIX° est proche du soldat »


Pourtant, un collégien peut être espiègle dans  n'importe quelle situation

Cf pièce annexe 2 : Extraits d'une lettre anonyme sur « les causes de la décadence du collège « du 27 septembre 1846, à savoir le manque d'autorité.

La myopie du régent Ferrel l'empêche de voir pierres, bâtons introduits en classe, tabatière vidée, chapeau blanchi de suif par ses élèves, entre autre les Sabaignac, les plus fameux.

2/ Sous la III° République, après 1882, des améliorations seront apportées : mobilier, salles de classe, et l'incontournable poêle.


Voilà la description des journées au vieux collège,  que fait Charles Lacoste, Président de l'Amicale des Anciens Elèves du Collège Victor Duruy, lors de la célébration du Cinquantenaire, le 20 mars 1956. Il se qualifie comme « un des derniers survivants du collège de la rue de l'Horloge, rari nantes .

Dans la tourmente de la guerre, en 1940, « un grand nombre devaient se rappeler les jours où la grosse cloche de la Tour des Jacobins égrenait les notes graves des heures et rythmait notre vie scolaire, accompagnant le vieux tambour napoléonien de notre concierge, Mr Paul, barbouillé de la suie des poêles, puant le pétrole des lampes des études, et qui vendait des sucres d'orge à un sou.

Ce collège fut un peu traité en parent pauvre en 1904 ;sans doute son aspect conventuel et froid, en dépit des peintures, sacrées et naïves du plafond de l'ancienne chapelle devenue classe de philo, sa cour de prison, ses classes mal éclairées, tout contribuait à la nostalgie du nouvel arrivant »

Il insiste pourtant « sur la bonté des maîtres »


Charles Lacoste décrit aussi la cérémonie de la distribution des prix dans le nouveau collège le 28 juillet 1904 à laquelle il assistait, plein d'admiration pour son père Arnaud Lacoste, professeur d'Histoire-Géographie qui fit aussi un mémorable discours .

Il cite les paroles élogieuses de Georges Duruy décrivant le nouvel établissement « ses fenêtres ouvertes sur un décor reposant de verdures et de montagnes évocatrices de l'Attique longé par une promenade ombragée que rafraîchit l'Adour… propice  aux exercices,…prodiguant un enseignement dépouillé des vestiges de la scolastique médiévale… »le comparant et le différenciant « des vraies geôles de jeunesse captive dont parle Montaigne où vous n'entendez que cris d'enfants suppliciés et maîtres énivrés de colère »

Il évoque le faste et le cérémonial de la cérémonie : « un auditoire de professeurs en robe et épitoges multicolores, d'élèves attentifs, de M ;le sous-préfet en bicorne, épée au côté, très sous-préfet d'Alphonse Daudet, de notables en huit reflets, de dames en falbalas 1900 qui aujourd'hui font sourire au cinéma »


Il s'interroge sur « les collèges de l'an 2000 auprès desquels ceux de la rue de l'Horloge, Victor Duruy et même celui qui abrite encore notre jeunesse féminine dont on peut dire qu'il marque une rayonnante étape.

Ils paraîtront archaïques »


Autre témoignage de Charles Lacoste sur la distribution des prix du 28 juin 1956 en tant que Président d'honneur de l'Amicale des anciens élèves du Collège Victor Duruy. Il est invité par Mr Le Principal VILLA  et salue Le professeur Caraven qui lui aussi a connu la rue de l'Horlog e. Son discours est une réponse à Mr J.A. Pasquignon professeur de grammaire ; devenu « vieux, » c'est à partir d'un conte illustrant les trois âges de la vie qu'il conclut en encourageant la jeunesse.

« Entrez dans la carrière comme vos aînés avec confiance. Sauvegardez ce trésor, la vie dont j'ai tenté de vous dire le prix. Savourez-la comme un vin généreux et fortifiant, sans précipitation et sans abus. Profitez de vos années d'études pour en apprendre le sens et la beauté, de vos parents, de ces maîtres admirables à qui nous devons d'être ce que nous sommes et qu'on n'oublie jamais parce qu'ils nous ont transmis le message dont les grands penseurs ont enrichi l'humanité pour la rendre plus belle et meilleure, le plus souvent sans s'enrichir eux-mêmes…. Par votre travail, vous êtes assurés de vous élever, pas très haut peut-être, mais tout seuls à la dignité d'homme par des voies dont vous n'aurez pas à rougir, avec pour titre de noblesse, votre courage et votre mérite, sans rien attendre de la magie, du hasard ou de la faveur. Une tête bien faite et une âme virile y suffiront »